Peuple Québec : et si la prochaine bataille nationale se jouait… en ligne?
Shawinigan, 16 décembre — Pendant que Facebook, TikTok et consorts siphonnent tranquillement l’attention, les données et surtout l’argent des Québécois, une startup de Shawinigan affirme vouloir reprendre le contrôle. Rien de moins. Son nom : Peuple Québec. Son ambition : devenir le réseau social des Québécois, point final.
Oui, vous avez bien lu. Pas une page Facebook de plus. Pas un groupe local noyé dans un algorithme californien. Un écosystème numérique complet, conçu ici, hébergé ici, pensé pour ici.
Et contrairement à ce qu’on entend souvent dans les lancements techno trop beaux pour être vrais, Peuple Québec n’arrive pas les mains vides : 45 000 utilisateurs actifs, près de 3 000 travailleurs autonomes, et des centaines de demandes de services avant même le lancement officiel. Pas demain. Pas “quand l’app sera prête”. Aujourd’hui.
Le numérique québécois : terrain abandonné ou futur à reconquérir?
Le chiffre qui fait grincer des dents circule déjà dans les couloirs :
👉 Seulement 5 ¢ par dollar de publicité numérique reste au Québec.
Le reste? Aspiré par des plateformes étrangères qui ne parlent pas notre langue, ne vivent pas nos réalités et ne paient pas leurs impôts ici — ou si peu.
« Notre mission, c’est de rapatrier cette richesse », affirme sans détour Éric Grenier, fondateur et président de Peuple Québec. Le ton est donné. On ne parle pas ici d’une simple application, mais d’un projet politique au sens noble du terme : reprendre le contrôle de notre espace numérique.
Un réseau social… mais pas seulement
Peuple Québec se présente comme un réseau social, mais ce serait réducteur de s’arrêter là. La plateforme combine :
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un fil de nouvelles local,
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des échanges citoyens,
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des publications multimédias,
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et surtout une mise en relation directe avec des travailleurs autonomes québécois, dans 158 catégories de services.
Besoin d’un électricien, d’une aide ménagère, d’un graphiste ou d’un déneigeur? Les demandes sont envoyées en temps réel aux travailleurs disponibles. Résultat : 435 demandes de services enregistrées avant même le lancement public. Le marché parlait déjà.
Shawinigan, épicentre inattendu de la souveraineté numérique
Ce n’est pas Montréal. Ce n’est pas Toronto. C’est Shawinigan.
Et c’est loin d’être un détail. Peuple Québec revendique fièrement son ancrage régional et annonce même le déploiement prochain d’un centre de données au DigiHub, toujours à Shawinigan. Données québécoises, sur des serveurs québécois, gérés par des Québécois.
Une hérésie pour la Silicon Valley. Une évidence pour ceux qui parlent de souveraineté numérique depuis des années sans jamais la voir se concrétiser.
Un fondateur qui ne sort pas d’un incubateur de pitch decks
Autre détail qui détonne : Éric Grenier n’est pas un PDG “powerpoint”. Programmeur depuis l’enfance, 40 ans d’expérience à 45 ans, il a bâti la plateforme avec une obsession rare : tout comprendre, tout maîtriser, tout développer à l’interne, en s’appuyant notamment sur l’intelligence artificielle.
Résultat? Un écosystème fonctionnel, déjà utilisé massivement, développé en un peu plus d’un an. Pendant que d’autres lèvent des millions pour des promesses, Peuple Québec livre.
La vraie question : les Québécois vont-ils répondre à l’appel?
Peuple Québec se définit comme un mouvement citoyen. Mais un mouvement, ça ne vit que si les gens y embarquent. Le discours est clair, presque provocateur :
Si tu dis aimer le Québec, pourquoi ton temps, ton contenu et ton argent enrichissent-ils exclusivement des plateformes étrangères?
La plateforme est en ligne. L’application est disponible. Le projet est lancé.
Reste maintenant à voir si les Québécois feront ce qu’ils font si rarement dans le numérique : choisir local, même quand c’est plus qu’un simple clic.
Parce que cette fois, l’alternative existe.
Et elle vient de Shawinigan.